Indice de depense de chaleur IDC

L’indice de dépense de chaleur (IDC) exprimé en mégajoules par mètre carré et par an (MJ/m²·a) représente la quantité annuelle d’énergie consommée pour la production de chaleur (chauffage et eau chaude sanitaire ‘ECS’), ramenée à un mètre carré de plancher chauffé (SRE), et corrigée en fonction des données climatiques (degrés-jours) de l’année considérée.

Qu’il s’agisse d’un Dossier énergétique d’une nouvelle construction ou extension ou d’un Dossier énergétique : rénovation de l’enveloppe thermique, ce calcul (voir directive relative au calcul de l’indice de dépense de chaleur admissible) doit être intégré au dossier de demande d’autorisation de construire ou remis à l’office cantonal de l’énergie (OCEN) avec les autres Justificatifs à envoyer 30 jours avant le début des travaux énergétiques pour les DD et APA déposés jusqu’au 31 décembre 2019).

Il appartient au propriétaire ou l’exploitant de tout mettre en œuvre pour Optimiser la consommation de chaleur d’un bâtiment. L’autorité, quant à elle, contrôle l’écart entre l’IDC mesuré et l’IDC admissible.

Lorsque la moyenne sur 3 ans de l’indice de dépense de chaleur dépasse l’indice de dépense de chaleur admissible, le département peut ordonner la réalisation d’audits ainsi que la mise en œuvre de mesures d’optimisations.

Le calcul de l’IDC permet :

  • D’évaluer la performance énergétique d’un bâtiment et de la comparer d’une année à l’autre ;
  • De détecter les dysfonctionnements éventuels ou de vérifier l’efficacité des mesures d’amélioration mises en œuvre ;
  • De se situer par rapport à un bâtiment de même catégorie.

‍Mais comment l’IDC peut-il être comparé d’une année à l’autre alors que le climat change chaque année ?

La consommation d’énergie de chauffage est directement liée aux écarts de température qui existent entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment. Afin de tenir compte des variations climatiques d’une année à l’autre, une correction est appliquée dans le calcul de l’IDC, cette correction utilise la notion de degrés-jours.

Les degrés-jours de chauffage représentent la somme des différences entre la température intérieure(logement = 20°C selon SIA 380/1) des locaux et la température moyenne journalière extérieur en degré Celsius.

En Suisse, on applique la méthode de la SIA (Société suisse des ingénieurs et des architectes), et on parle des « degrés-jours 20/16 » (20°C à l’intérieur / 16°C de température moyenne extérieure au-dessus de laquelle il n’est plus nécessaire de chauffer, communément appelé température limite de chauffage). Pour plus d’informations voir la SIA 381/3 les degrés-jours enSuisse.

La température moyenne extérieure d’un jour donné est une simple moyenne entre la température minimale de la nuit et la température maximale de la journée.

Le facteur utilisé au final dans le calcul de l’IDC est le rapport entre les degrés-jours référence (selon le cahier technique SIA2028 données climatiques) et les degrés-jours réels, ceux mesurés depuis la station météo Genève-Cointrin.

Dans quels cas le calcul de l’IDC est-il obligatoire ?

Le calcul de l’IDC est obligatoire pour tous les bâtiments de plus de 5 logements, ainsi que pour tous les autres types de bâtiments chauffés (commercial, industriel,  …) du canton de Genève.

Pour l’instant, les villas et autres très petits immeubles de logements (moins de 5 preneurs de chaleur), ne sont pas soumis au calcul de l’IDC, mais cela pourrait changer.

Chaque propriétaire soumis à l’obligation de fournir l’IDC a la possibilité de passer par un professionnel compétent pour établir ce calcul (liste de concessionnaires IDC habilités) :

Quelques valeurs de référence

Selon l’OCEN (Office cantonal de l’énergie du canton de Genève), les bâtiments des années 60 ont généralement un IDC assez élevé, à hauteur de 650-900 MJ/(m2.an). Cela s’explique par les matériaux utilisés et la conception architecturale de l’époque. En revanche, avec les évolutions techniques, les bâtiments des années 2000 eux possèdent un IDC d’une échelle plus basse, plutôt situé entre 400 et 500 MJ/m2.an.

Enfin, la valeur attendue d’un bâtiment certifié Minergie est d’environ 180 MJ/m2.an, mais il n’est pas rare de voir des bâtiments dépasser les 200 MJ/m2.an en situation réelle. Pour un label Minergie-P, la valeur attendue est d’environ 130 MJ/m2.an

Les seuils réglementaires actuels se résument en trois catégories selon la loi sur l’énergie et son règlement (L 2 30 et L 2 3001) :

–         >600MJ/m2a (moy. 2ans): Obligation d’installer un dispositif de décompte individuel des frais de chauffage (DIFC).

–         >800MJ/m2a (moy. 3ans) : Obligation de réaliser un audit énergétique avec une réalisation de travaux rentables d’un point de vue énergétique.

–         >900MJ/m2a (moy. 3ans): Obligation de réaliser un audit énergétique et des travaux permettant d’abaisser l’IDC.

Que faire lorsque mon IDC est trop élevé ou qu’il évolue à la hausse sans explication apparente ?

Il faut s’adresser à un professionnel de l’énergie qui pourra analyser votre bâtiment et vous orienter. Dans un premier temps, l’idéal est l’installation d’un système de monitoring et de régulation prédictive, afin de pouvoir comprendre le fonctionnement du bâtiment et de mieux réguler la chaudière en prenant en compte les prévisions météorologiques. 

Dans un deuxième temps, l’installation de sous-compteurs d’énergie peut s’avérer utile, pour permettre un meilleur décompte de charges et d’identifier plus précisément d’où proviennent les surconsommations. Dans certains cas, des capteurs de températures intérieures peuvent permettre de mettre en évidence des points faibles du bâtiment et objectiver le ressenti des occupants.

À chaque étape, les données énergétiques récoltées pourront nourrir et accélérer un éventuel audit énergétique plus poussé, en vue d’une rénovation.

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